Staatskapelle Dresden, Sir Colin Davis, Ni­ko­laj Znai­der: Mozart

A propos du spectacle

Il y a au monde des or­chestres qui ont su, à tra­vers les aléas de leur his­toire et la pres­sion des modes, conser­ver une cou­leur, un son et une per­son­na­lité qui n’ap­par­tiennent qu’à eux. La Staats­ka­pelle de Dresde en fait par­tie.

Cet or­chestre, l’un des pré­fé­rés de Ri­chard Strauss qui lui dédia de nom­breuses par­ti­tions, qui fut fondé en 1548 — l’un des pre­miers en Al­le­magne — et a pu tra­vailler sous la di­rec­tion d’Hein­rich Schütz, Carl Maria von Weber, Ri­chard Wag­ner, in­carne à lui seul la grande tra­di­tion de la mu­sique sym­pho­nique al­le­mande. Avec Sir Colin Davis et Ni­ko­laj Znai­der, ils se joignent au mai mu­si­cal mo­zar­tien de l’Opéra de Dijon à tra­vers deux œuvres parmi les plus ad­mi­rables du gé­nial com­po­si­teur. Le Concerto pour vio­lon no 5 est sans conteste le plus cé­lèbre et le plus achevé sorti de sa plume: im­pré­gné du style ga­lant alors en vogue, mais en fai­sant écla­ter les cadres — les rythmes hon­grois des csar­das chers à Haydn font leur ap­pa­ri­tion dans le final — il offre une sorte de ré­ca­pi­tu­la­tion des styles dont Mo­zart avait pu s’im­pré­gner lors de ses voyages en Eu­rope.

La Sym­pho­nie no 40, avant der­nière de sa pro­duc­tion et une des rares qui soit en mi­neur, est une des plus tra­giques qu’il ait écrites: rien, même aux ul­times me­sures, ne vient ré­soudre la ten­sion, cal­mer la fièvre, apai­ser la dé­tresse. Mais au­cune trace non plus de ré­si­gna­tion au mal­heur comme on pourra la trou­ver chez les ro­man­tiques: le cou­rage dans l’ad­ver­sité qui ir­rigue cette par­ti­tion à la puis­sance émo­tion­nelle in­éga­lée laisse en­tre­voir la vic­toire dé­bor­dante de joie qui dé­bu­tera la sym­pho­nie sui­vante.

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